Mai 68 (1)
Pour contrer cette volonté politique de rendre les "événements de mai" responsables de tous les maux de la société française, 300 personnalités ont lancé un appel. On y retrouve les figures politiques de l'extrême gauche, du PCF, de la mouvance libertaire ou écologiste, mais aussi des dirigeants syndicaux ou associatifs.
L'appel est aussi paraphé par les instituts de formation (CGT ou de la FSU), l'Union syndicale Solidaires, SOS-Racisme, la Fondation Copernic et des journaux et revues comme Politis, Rouge, Regards, Alternative libertaire, Mouvements, Vacarme ou des maisons d'édition comme Raisons d'agir ou les Empêcheurs de penser en rond.
UNE SEMAINE D'INITIATIVES
Intitulé "Mai 68, ce n'est toujours qu'un début", le texte assure que "pour la France bien-pensante, Mai 68 est responsable de tous les maux". Faisant référence à la critique faite par M. Sarkozy, les signataires expliquent que derrière cette "liquidation" sont visés "les droits syndicaux, le smic et le salaire socialisé mais aussi les avancées obtenues entre autres par les luttes féministes" et qu'"il est grand temps de se réapproprier les réalités derrière les mythes". "Il y un réel besoin de réévaluer ce qu'a été ce mouvement et ses traces actuelles", explique François Bouillon, président de l'Institut de recherches de la FSU.
Le collectif a décidé d'organiser une semaine d'initiatives qui s'ouvrira le 13 mai par un colloque à la Bourse du travail de Paris. Un site Internet (www.mai-68.org) tente de centraliser les événements prévus durant l'année commémorative. Un foisonnement qui mêle débats syndicaux, pièces de théâtre et projection de films. Les initiateurs de l'appel veulent montrer que Mai 68 ne fut pas seulement une révolte étudiante et "remettre au centre les grèves ouvrières et les luttes internationales de cette période", explique Daniel Bensaïd (LCR).