Il n’y a plus de place pour le réformisme...

Publié le par LCR 06 OUEST

Pour Olivier Besancenot :
à gauche, "il n’y a plus de place pour le réformisme"

 


Article Le Monde du samedi 31 mai.


La Ligue communiste révolutionnaire réinvestit la Mutualité vendredi 30 mai pour un meeting sur Mai 68. Alain Krivine et Daniel Bensaïd, figures symboles des "Journées de mai", seront aux côtés d’Olivier Besancenot, pour rappeler qu’il "y a la place pour un nouveau 68". Mais surtout pour affirmer l’urgence à construire le "nouveau parti anticapitaliste" (NPA) que la LCR veut créer avant la fin 2008. Et marteler que la "ligne de partage" à gauche passe entre elle et le PS.


Après avoir lancé, en janvier, son appel pour un nouveau parti, la direction de la LCR a décidé de passer à la vitesse supérieure. Le passage de M. Besancenot dans l’émission "Vivement dimanche", le 11 mai, l’a installé dans le paysage médiatique comme "super opposant" à Sarkozy. Il faut maintenant marteler que la vraie gauche, c’est lui.


Dans un entretien au site MediaPart, le porte-parole de l’organisation trotskiste explicite la démarche politique qu’il a initiée avec ses camarades. "Pendant très longtemps, les organisations d’extrême gauche ont cru que pour pouvoir s’adresser aux salariés, il fallait passer par les partis ouvriers traditionnels", affirme M. Besancenot. C’en est fini : "On n’est plus dans cette phase où l’on ne pouvait pas exister seuls", continue-t-il. Désormais, la LCR se veut extérieure aux débats de la gauche traditionnelle et l’assume.


Le "reste de la gauche" est à ses yeux soit inexistant comme le PCF, soit devenue un adversaire, comme le PS : "Il n’y a plus des révolutionnaires face à des réformistes, mais des révolutionnaires face à des gestionnaires du système. Il n’y a plus de place pour les réformistes", assène M. Besancenot. Il insiste : "L’état de la gauche gouvernementale, ce n’est pas mon problème." Pour lui, l’enjeu est de réussir "un grand rassemblement des gens qui ont envie de lutter".


Le positionnement est malin, tirant les leçons du petit succès de la présidentielle - 4,08 % pour le candidat de la LCR. Comme le montre une étude de l’IFOP du 30 mai, "la popularité élevée (62 % au baromètre en mai) ne s’est pas construite ces dernières semaines". Cette poussée d’audience s’est opérée en trois étapes : lors du référendum sur la Constitution européenne, puis avec le conflit sur le CPE et enfin à la présidentielle. "Ce n’est pas une popularité bulle de savon mais un phénomène politique construit et durable", insiste Jérome Fourquet, directeur de l’institut.


La LCR espère en engranger les bénéfices lors du lancement du NPA et met les bouchées doubles. Semaine après semaine, elle lance de nouveaux appels : après celui des cheminots, il y eut celui des jeunes, des travailleurs de la chimie, des femmes, et même celui des LGBT (Lesbiennes, gays, bi et trans)... comme autant de signes que "ça mord". La direction affirme que son pari est en passe d’être gagné avec 270 comités créés et des projections qui verraient les effectifs - actuellement de 3 000 militants - multipliés par 2,5 à 3. "Pour le moment la dynamique dépasse nos attentes", affirme Pierre-François Grond, membre du bureau politique.


Sylvia Zappi

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