NPA, compte-rendu de commisions (4) :

Publié le par LCR 06 OUEST

Entreprises...


La commission Entreprise a réuni une soixantaine de personnes déléguées des comités.


Cette commission s’inscrit dans un contexte de lutte, contre le projet du gouvernement (Sarkozy – Fillon) qui cherche à affaiblir les droits de l’ensemble des salariés (modifications du code du travail, suppression des 35 heures, suppression des tribunaux prud’homme), à faire baisser le coût du travail et donc les salaires (offre d’emploi raisonnable pour les chômeurs, versement de primes exceptionnelles individuelles mais pas d’augmentation générale), à casser le service public d’état (suppressions de poste dans les services public, projet de loi sur la mobilité permettant de licencier des fonctionnaires).


On assiste à un morcellement des luttes (journées d’action par secteur ne donnant pas une mobilisation d’ensemble comme les 10 et 17 juin). Les syndicats ont une forte inertie et partagent pour une part le projet du gouvernement (accord sur la représentativité signé conjointement par la CGT, la CFDT et le MEDEF).


Le but de cette commission est de préparer la rentrée sociale, Bernard Thibault a appelé à une journée d’action le 7 octobre, et de créer une commission entreprise permanente. Un comité de coordination est chargé de préparer l’université d’été de la LCR, (avec 2 débats le dernier jour : NPA et lutte des classes et NPA et syndicats) et une réunion nationale le 4-5 octobre. Un mailing liste va être créée comme moyen de communication.


Une première partie des débats a porté sur le ressenti et la situation sociale actuelle, la seconde partie sur les propositions d’actions du NPA.


A) Situation sociale actuelle


Une première constatation de la part des salariés présents est la compromission des bureaucrates ou leaders syndicaux (notamment la CGT) avec le patronat. Donc la majorité des personnes attendent une action et des propositions concrètes et une indépendance du NPA pour passer à l’offensive.


Un autre avis qui a fait consensus est que la revendication principale pour la rentrée devra porter sur les salaires. La hausse des prix des carburants est aussi un sujet de fort mécontentement.


Les salariés sont las des grèves à répétition mais ils ont tout de même un avis positif sur les syndicats. Il faut structurer le débat syndical sur le terrain politique et repartir de la base pour militer.


On relève aussi qu’il est très difficile de se syndiquer dans certaines entreprises, que les salariés sont tétanisés et que les militants syndicaux sont souvent la cible de répression. Le syndicalisme est donc en recul , les salariés privilégient le changement d’entreprise pour augmenter leur salaire à la lutte au moment des NAO.


Les conditions de travail ainsi que la souffrance au travail sont aussi des paramètres à prendre en compte. On se demande comment intervenir dans les entreprises où c’est difficile. En prônant l’ouverture sur le dialogue social entre l’Etat et les syndicats, Sarkozy a remporté une victoire idéologique sur le salariat.


Un des moyens d’action contre le gouvernement est un blocage de l’économie. Il faut démonter le discours de la droite et construire le NPA dans les entreprises.


Le NPA pourrait appeler à la grève (générale ou non) ou participer à des blocages (dépôts d’essence, rassemblement hebdomadaire devant lieux stratégiques pour être visible et fédérer à l’image des mères au Chili) ou proposer d’autres moyens d’actions.


Une journée d’action unitaire est proposée, le NPA peut coordonner ces actions et participer à la propagande du mouvement d’ensemble et créer une plateforme commune (site Internet par exemple). Cela peut être la campagne politique du parti.


B) Intervention dans les entreprises


Pour le deuxième point qui est de quelle manière intervenir politiquement dans les entreprises, le premier point à faire consensus est la feuille de boîte. Elles peuvent être distribuées sur la voie publique pour contourner la chartre d’Amiens. Cela permet aussi d’intervenir de l’extérieur dans les entreprises. Ces feuilles permettent aussi d’être critique vis-à-vis des syndicats. On peut ainsi ramener le débat politique dans les entreprises et des revendications comme les 37 ½ ans pour la retraite, la taxation des profits. Les feuilles de boîtes marchent et un copain de l’imprimerie nous disait même que les salariés et patrons attendaient avec impatience leur sortie.


Nous redisons aussi l’importance d’avoir des militants NPA dans les entreprises, de créer des cellules, pour :

- 
critiquer les confédérations syndicales,

- 
monter des soutiens, des stratégies,

- 
être autonomes dans les luttes.


Le comité NPA SNCF souligne l’importance de rester en lien avec les syndicats et que cela fonctionne dans cette entreprise.


Il est possible de monter des comités NPA entreprise par site géographique comme l’ont souligné des camarades du Rhône ou de la région de Bordeaux pour des zones industrielles ou des pôles d’activité. La droite et les patrons ne se privent pas d’amener leur vision politique des choses dans les entreprises, nous ne devons pas avoir de complexe à le faire de notre côté, même si les hiérarchies (chef, sous chef) ne nous favorisent pas.


Les syndicats ne soutiennent pas toujours les salariés victimes de la répression patronale, il est important pour le NPA de pouvoir agir de l’extérieur.


80% des entreprises ont moins de vingt salariés, la représentation du travail entreprise est vieille de plus de trente ans.


Les jeunes militants sont souvent seuls dans les entreprises. Les structures syndicales ne sont pas implantées dans les petites entreprises (dans le commerce par exemple) et ont beaucoup de mal à lutter efficacement dans les nouvelles formes d’organisation du travail (sous-traitance par exemple).


La classe ouvrière a changé. Une grande partie des cols blancs et la classe moyenne font aujourd’hui partie du prolétariat. Il faut viser ce type de salariés et motiver l’ensemble de la classe moyenne. Il faut redonner une conscience de classe et redéfinir la classe ouvrière, renommer le prolétariat et gagner les nouveaux travailleurs. Les salariés sont précarisés. Les patrons profitent de ces statuts précaires comme les stagiaires, les apprentis, les CDD, les intérims, les sans papiers ou les travailleurs étrangers.


Au Techno Centre de Renault par exemple 9500 personnes sont des employés Renault et 2500 des éléments extérieurs à la maison mère. Il faut veiller à ne pas protéger que les salariés à statut, combattre la division du travail, ne pas diviser chômeurs et salariés.


Le NPA doit proposer un plan d’urgence pour répondre aux exigences ouvrières sur :

- 
défense du droit au travail (et non pas à l’emploi),

- 
cohérence entre travail et écologie,

- 
conscience de classe,

- 
pouvoir des salariés,

- 
remise en cause de l’organisation du travail,

- 
présence locale (TPE, chômeurs, quartiers populaires, zones industrielles) tout en gardant une vision globale,

- 
création d’un circuit de solidarité, social et humain,

- 
union salariale

- 
politisation des salariés à l’intérieur de l’entreprise,

- 
vigilance sur les conditions et la santé au travail,

- 
formation et information politique vers les salariés,

- 
travail avec les syndicats,

- 
refus du pouvoir économique


Nous proposons de changer le nom de la commission et de la renommer commission « précaires, salariés publics/privés… » Car tous, nous sommes, serons ou avons été salariés d’une entreprise.

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