Gaz...
Sitôt annoncée, par Le Parisien, une nouvelle hausse du prix du gaz a été immédiatement démentie par le porte-parole du gouvernement, Luc Chatel, qui a toutefois précisé : « Il n’y aura pas d’augmentation du prix du gaz… en juillet. » Ce qui laisse naturellement supposer qu’elle aura lieu après ! En fait, Gaz de France verrait bien une hausse de 9,5 %, qui viendrait s’ajouter à celle de 4 % réalisée en janvier et à celle de 5,5 % décidée en avril. Soit près de 15 % en six mois ! Voilà qui cadre mal avec la propagande gouvernementale sur le pouvoir d’achat…
En fait, GDF justifie ces augmentations incessantes par l’augmentation du prix du pétrole, le prix du gaz étant indexé sur celui du baril de pétrole. Mais cette argumentation – déjà intrinsèquement fort discutable – est, en réalité, un écran de fumée destiné à occulter deux raisons beaucoup plus fondamentales de ces hausses. Il y a d’abord, dans la logique de privatisation de GDF actuellement à l’œuvre, la recherche de nouvelles marges de profit. Car qui dit privatisation (même partielle) dit versement de dividendes aux actionnaires. L’autre raison tient, elle, à la dérégulation du marché du gaz, la fin du monopole de GDF et l’apparition de fournisseurs privés, principalement Direct énergie et Poweo, qui militent activement pour un relèvement des prix… de GDF, afin de pouvoir continuer à faire des offres légèrement moins chères tout en réalisant des profits. Aujourd’hui, ces distributeurs privés ne représentent qu’un faible pourcentage du marché des particuliers. Mais, apparemment, ils sont déjà en capacité de peser sur les décisions de GDF et des pouvoirs publics…
Ainsi, après beaucoup d’autres, le dossier « prix du gaz » apporte un nouveau démenti aux idées reçues libérales : privatisation, fin du monopole public et mise en concurrence sont censées faire baisser les prix. En fait, c’est tout le contraire que l’on constate ! Il faut renationaliser l’énergie et rétablir le monopole public.
François Duval