La riposte anticapitaliste...

Publié le par LCR 06 OUEST


 

Article de Rouge n° 2270.


L’activisme de Nicolas Sarkozy et la multiplication des réunions de crise sont à la mesure de la panique qui a saisi les cercles dirigeants du monde capitaliste. L’addition des plans de sauvetage décidés par les principaux États se chiffre à plus de 3 000 milliards d’euros. Une somme faramineuse qui, si elle était mobilisée pour satisfaire les besoins élémentaires de la population, permettrait d’éradiquer la faim et les principales épidémies, et de donner également accès à l’éducation et à l’eau potable, pour la totalité de la population humaine. Qu’apparaissent bien dérisoires les « trous » de l’assurance maladie, des caisses d’assurance vieillesse, des « sous-capitalisations » d’entreprises publiques, comme La Poste, qui rendrait nécessaire leur privatisation, trous qui ne se chiffrent qu’à quelques centaines de millions d’euros ou quelques milliards !


Le plan de sauvetage d’un système en faillite montre la collusion d’intérêts entre la sphère dirigeante politique et économique. Derrière les discours trompeurs sur la défense des petits épargnants, c’est au contraire une immense bouée de secours qui est lancée, au frais de la société, au grand capitalisme globalisé. Mais ces centaines de milliards sont finalement peu de chose face aux milliers de milliards de créances douteuses que ne veulent plus s’échanger les banques. La grande décision, prise les 11 et 12 octobre, la garantie d’État aux prêts interbancaires, après une longue série de réunions internationales et européennes, vise finalement à faire subir le coût de la folie du système bancaire à l’ensemble de la société. Rappelons que 180 000 ménages surendettés continuent à subir l’étranglement du remboursement de dettes, dont les banques et les crédits à la consommation sont les premiers responsables…


Nous ne participons pas à l’union sacrée qui vise, en dernier ressort, après avoir poussé quelques cris sur l’immoralité du système, à accepter le plan Sarkozy, concocté par les dirigeants de l’Eurogroupe et annoncés par un curieux aréopage. Dimanche 12 octobre, aux côtés de Sarkozy, s’affichaient les très importants présidents de la Commission de Bruxelles, de la Banque centrale européenne, et le principal dirigeant du plus important paradis fiscal de l’Union, le Premier ministre luxembourgeois… Tous ces dirigeants, dotés comme on le voit d’une très forte légitimité démocratique, sont bien représentatifs de l’opacité des institutions capitalistes européennes. Des pompiers prêts à tout pour sauver les intérêts des possédants qui, comme leurs amis américains, souhaitent conserver le néolibéralisme, mais sont également prêts, s’il le faut, à jeter celui-ci à la poubelle. Quel pragmatisme après vingt-cinq ans d’idéologie, de religion du tout-marché ! Et certains, à gauche, de se féliciter de l’apparition d’un directoire européen !


Nous nous battons pour un plan de sortie du capitalisme, pas un plan de sauvetage de celui-ci. Une riposte anticapitaliste, c’est finalement l’entrée en scène de celles et ceux qui paieront la crise s’ils en restent spectateurs. La question décisive des semaines et des mois qui viennent est la capacité du monde du travail à se mobiliser autour de ses propres perspectives, non seulement pour ne pas subir de nouvelles dégradations des conditions de vie, mais également pour tracer des perspectives de rupture. Aujourd’hui encore plus qu’hier, défendre ces intérêts, implique d’offrir une alternative globale au système. En commençant, très concrètement, par tout ce qui permet de défendre l’emploi, le pouvoir d’achat, les services publics, le droit de vivre ensemble le week-end…


C’est pourquoi le collectif d’animation nationale du NPA a proposé une réunion d’urgence de toute la gauche sociale et politique, afin de discuter ensemble des moyens de la riposte. Il est décisif qu’un front se constitue pour offrir des repères, des perspectives, dans une situation de crise profonde du système capitaliste, dont le coût de résolution pourrait s’avérer dramatique pour le plus grand nombre. Dans ce cadre de nécessaire riposte unitaire, nous proposons les mesures anticrise suivantes, le début de construction d’un front de mobilisation et de luttes pour rompre avec celui-ci : prendre le contrôle du système financier et bancaire en expropriant les décideurs et propriétaires actuels, en mettant à l’échelle nationale ou européenne un service public bancaire unifié, dirigé par la population et les salariés du secteur, et qui pourrait financer les priorités décidées par la population (services publics, mutation écologique…) ; augmenter le pouvoir d’achat immédiat de l’ensemble de la population de 300 euros net et fixer à 1 500 euros net le salaire et le revenu minimum ; bloquer tous les plans de licenciements en interdisant ceux-ci par la loi, et promouvoir l’emploi pour tous et toutes par la création d’emplois utiles socialement dans les services publics et par une réduction du temps de travail accompagnée, ce coup-ci, d’une embauche proportionnelle obligatoire ; un plan de sortie de la précarité, qui pourrait comporter la suppression de tous les contrats précaires, la mise en œuvre d’allocations pour la dépendance et pour les jeunes en formation, l’annulation de la dette des familles surendettées…

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