NPA et Lutte Ouvrière ?

Publié le par LCR 06 OUEST

Fête de Lutte Ouvrière : le débat malgré tout !

Le débat, auquel Lutte ouvrière nous invite traditionnellement lors de sa fête annuelle, avait cette année pour thème « Quel parti construire ? »


C’est en présence d’un public nombreux, qui débordait même l’espace qui lui était réservé, signe de l’intérêt porté à ce débat, qu’a eu lieu cette table ronde entre Sandra Demarcq et Cathy Billard, pour la LCR, et Nathalie Arthaud et Jean-Pierre Mercier, pour Lutte ouvrière (LO).


Tout au long du débat, malheureusement, au-delà d’une prise de position de principe commune selon laquelle, « oui, un nouveau parti est nécessaire », il n’y a pas eu réellement de dialogue sur la façon dont les révolutionnaires peuvent, dans la situation actuelle, avancer en ce sens. Outre qu’ils se sont bornés, le plus souvent, à dénigrer – de façon, il faut bien le dire, assez malhonnête et caricaturale –, le projet de la LCR, les deux camarades de Lutte ouvrière ont exposé une conception du parti qui verrait celui-ci n’intervenir, et même n’être utile ,qu’après « l’embrasement social » que les classes possédantes ne manqueront pas de provoquer, selon eux, par la violence de leurs attaques. À les entendre, entre ces deux moments – aujourd’hui et ce qu’on serait tenté d’appeler un « grand soir » –, il n’y aurait pas d’autre voie qu’étudier sans relâche Marx, Lénine, Trotsky et les enseignements des révolutions ouvrières passées. En particulier, les camarades de LO n’ont, à aucun moment, défendu la politique de leur organisation aux dernières municipales, dont le rappel par Sandra a suscité des sifflements dans le public, un malaise perceptible…

 


Sur les contradictions de la situation actuelle, après la victoire de Sarkozy, elle-même le résultat d’une longue accumulation de reculs, sur le divorce entre les partis de gauche, les directions syndicales et une fraction significative de militants, de travailleurs, de jeunes qui n’ont pas abdiqué de la lutte, sur le besoin d’un instrument, d’un parti, pour aider au développement des mobilisations et à leur convergence, sur tous ces éléments qu’a développés Sandra et qui fondent notre démarche, il n’y a pas eu réellement de réponse de leur part. Sinon pour indiquer qu’à leur sens, le langage tenu par nos deux camarades aurait été adapté au public de la fête et ne serait pas la politique défendue par notre organisation, Jean-Pierre Mercier faisant du NPA « un rassemblement d’écologistes, de féministes et d’altermondialistes », à l’opposé du « parti trotskyste » qu’il appelle de ses vœux.


Au rappel, fait par Cathy, de la politique d’unité des révolutionnaires qu’avait défendue LO en 1968, comme du fait que le parti envisagé par LO en 1995 n’avait pas une dénomination « marxiste », « léniniste », ou « trotskyste », Nathalie Arthaud a reproché à la LCR ses positions de l’époque, sans discuter des besoins du monde du travail, du point de vue de ses intérêts généraux, dans la situation actuelle. Sans voir, non plus, au-delà du constat évident que nous ne sommes pas dans une situation de crise sociale et politique comparable à celle de Mai 68, les possibilités que révèle l’existence des mobilisations récentes ou en cours, en dépit de l’inertie des directions des confédérations syndicales. Nous reprochant de grandir l’importance du mouvement en 2003, qui ne serait dû, selon eux, qu’aux syndicats, ou de parler « d’insurrection » lorsque les « jeunes brûlent les voitures des ouvriers » lors de la révolte des banlieues.


En conclusion, les camarades de Lutte ouvrière ont adressé une fin de non-recevoir à notre invitation à, sinon prendre part à la bataille que nous menons, du moins participer aux discussions que celle-ci suscite. Mais, de fait, ce débat dont l’occasion, il faut le rappeler, était donnée par les camarades de LO, ne restera pas sans suite.


Galia Trépère.

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Publié dans nouveau parti

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