NPA et Collectifs Unitaires Anti Libéralisme ?
Oui, il faut du neuf
Pour débattre de la question de la construction d’un nouveau parti, la LCR ouvre ses colonnes à des individus, courants ou organisations politiques.
Nous publions ici le point de vue des Collectifs Unitaires pour une Alternative au Libéralisme (Cual).
Nombre de vos déclarations l’affirment : la LCR n’est « plus l’outil politique le plus adapté à la situation actuelle ». Olivier Besancenot en fait sa campagne d’explication sur la nécessité d’un nouveau parti anticapitaliste (NPA) : « Beaucoup de gens étaient dans la résistance [au gouvernement] mais se sentaient orphelins d’une structure de réplique globale. » Notre coordination de collectifs unitaires pour une alternative au libéralisme s’adressait ainsi au dernier congrès de la LCR : « Un autre avenir est possible, si nous le voulons. Cette alternative ne peut venir que des forces convaincues de cette nécessité. Nous voulons contribuer à construire une grande force politique nouvelle avec celles et ceux qui pensent qu’une autre façon de vivre ensemble est possible […]. Où tou-tes puissent se retrouver, dans la diversité de leurs expériences, de leurs engagements, de leurs luttes. Cette diversité n’est pas un obstacle mais, au contraire, une formidable richesse si la volonté de travailler ensemble l’emporte sur celle d’imposer le point de vue de sa sensibilité, de son parti, de sa philosophie.
« Ce mouvement doit s’appuyer sur un projet politique pouvant recueillir un large soutien populaire. C’est la garantie de ne pas reproduire les erreurs des gouvernements de gauche à majorité socialiste, qui n’ont jamais remis en cause les intérêts des forces économiques et financières dominantes. »
Comme vous, nous refusons cette société de plus en plus inégalitaire, sécuritaire, régressive. Comme vous, nous voulons un monde solidaire, fondé sur le partage des richesses, l’égalité sociale, l’impératif écologique, la paix et la démocratie généralisée. Nos assises, tenues en décembre dernier, ont proposé à toutes les forces sociales, politiques, associatives, syndicales, qui s’opposent au libéralisme, de s’engager ensemble dans la construction d’un projet émancipateur qui allie justice sociale et écologie, démocratie et égalité, solidarité et liberté, féminisme, antiracisme, pacifisme, réponses concrètes pour demain et projets d’avenir.
Dans cette perspective, nous pensons nécessaire de créer un cadre qui permette d’agir immédiatement en commun, tout en poursuivant les débats qui nous traversent. Tant sur le projet de transformation sociale et écologique à défendre que sur la stratégie et les moyens à mettre en œuvre pour y parvenir (formes d’organisation, rapports aux institutions, alliances, place et rôle des mouvements sociaux…).
D’où notre proposition de préparer et de réaliser unitairement, dès 2008, des états généraux de toutes les forces, groupes de militants, réseaux de mobilisation, courants, partis, qui refusent que la gauche continue d’être dominée par le social-libéralisme. Il s’agit, dans un premier temps, de créer un cadre d’action, de réflexion et d’expression politique laissant subsister, autant qu’ils le souhaitent, les divers courants, tant que l’expérience ne les conduit pas à fusionner ou à se dépasser. Un cadre inscrit dans la durée, fondé sur des engagements communs dès maintenant et, à terme, un rassemblement politique.
Vous nous avez, pour le moment, répondu par la négative : pour vous, rien n’est plus urgent que la constitution des comités d’initiative du NPA. Nous regrettons vivement cette réponse. Le NPA que vous vous proposez de construire sera sans aucun doute un élargissement de l’actuelle LCR, il représentera sans doute également une certaine ouverture par rapport à la tradition politique dont vous êtes issus. Nous nous réjouirions que ce soit effectivement le cas. Mais ce projet n’est pas à la hauteur des enjeux auxquels nous sommes confrontés.
Notre conviction est qu’il y a plus que jamais urgence à regrouper les forces et les courants de la gauche de transformation sociale et écologique pour offrir ensemble une alternative au bipartisme tracé par la droite et le social-libéralisme. De ce point de vue, sans attendre, les prochaines élections au Parlement européen sont un rendez-vous à ne pas manquer : elles nous donnent l’occasion de manifester notre volonté de peser sur la situation et de ne pas laisser le terrain à gauche au social-libéralisme ou aux opérations d’enfumage, comme celle proposée par Cohn-Bendit sous couvert de rassemblement de tous les écologistes. Ce serait le meilleur complément à notre engagement commun dans les luttes. La LCR, et demain le NPA s’il voit le jour, a toute sa place à y prendre.
La coordination nationale des Cual.